UN CORSAIRE DE LA NAVALE À SUEZ

UN CORSAIRE DE LA NAVALE À SUEZ

Un Corsaire de la navale à Suez

F4U-7 Italeri No 048, 1/72e

"Sauce de Corsair à l'ancre" !

Pendant des années des F4U-4 au 1/72ème ou au 1/48ème se sont habillés de bleu-blanc-rouge ; mais un U-4 n'est pas un U-7 ou un AU-1. Vint en 1987 le kit de transformation édité sous l'égide de l'IPMS, mais il fallut encore attendre six et huit ans de plus pour qu'atterrissent enfin sur nos plans de travail les F4U-7 d'Heller au 1/48ème et ltaleri au 1/72ème. Mais ce n'est pas du tout cuit. Le modèle Hasegawa sorti ultérieurement est certes meilleur mais plus cher.

Revue de détail

Construit à 94 exemplaires pour l'Aéronavale française, le Corsair F4U-7 a longtemps été délaissé par les fabricants de maquettes ou les maquettistes (qui fait les modes?) au profit d'une légion de Fockeschmittfire P-52 déclinés dans toutes leurs sous-versions. Malgré leurs défauts les maquettes Heller et ltaleri ne peuvent pas être boudées. Le fabricant français a sorti deux boîtes qui peuvent intéresser les amateurs de Corsair de la Navale : une du modèle AU 1, dont une soixantaine d'exemplaires de seconde main sont utilisés en lndochine en 1954 puis en Algérie, une autre du F4U-7. Mais il faut "un peu" de travail pour obtenir un joli résultat. Belle gravure, dimensions générales correctes à 1 mm près, assemblage facile, aménagement du poste de pilotage et du train d'atterrissage acceptables, décalcomanies bien imprimées et souples sont les principales qualités de la maquette ltaleri dont le plus gros défaut se niche à l'avant du fuselage : une grosse ligne de gravure, donne l'impression que le capot est distinct du fuselage alors qu'en fait il le prolonge sans rupture ; cette gravure est placée 3 mm trop en avant et les volets de refroidissement sont donc mal implantés. Enfin le même capot de base avec une ouverture frontale différente doit permettre de différencier les trois modèles de Corsair ; pour le F4U-7 cela nous donne un dessous de capot un peu trop plat et un menton qui n'est pas assez proéminent. On regrette aussi la représentation simpliste du moteur, le mauvais dessin du pare brise et la canopée trop large et plate à l'avant, le manque de profondeur des logements de train, les pylônes de voilure tous sous dimensionnés, les roquettes trop courtes (23 mm au lieu de 25). Pour y remédier le kit Hi Tech n°113 a été acheté les yeux fermés, les kits de super détail du Maryland, du Helldiver, du Mosquito au 1/72ème, constituant une caution suffisante. Ce kit d'amélioration est un peu moins fourni que ses prédécesseurs mais aussi moins cher. Il comporte, fait nouveau, un moteur en white metal, matière un peu moins fine que l'habituelle résine Hi Tech. Pas d'armement, qu'on trouve séparément sous une autre référence, ni de décalcomanies en raison de l'offre déjà faite dans ce domaine par d'autres marques de décalques. Il faut dire à la décharge de l'artisan que les décorations de Corsair françaises ne comportent pas beaucoup d'évolutions majeure au cours de l'histoire de la machine et que les déco Suez sont déjà légion... La planche de photodécoupe du kit est fabriquée par Eduard, sans commentaires. Dans l'ensemble ce kit permettra un détaillage raisonnable du kit Italeri dans ses parties qui pêchent par erreur ou omission.

Un fuselage revu

Si l'on ne possède pas le kit Hi Tech, ajouter des manettes à la baignoire, un palonnier sous le tableau de bord dont on supprime la console centrale, un levier de réglage au siège qui peut être refait (voir plus loin) et, quand le fuselage est assemblé, un nouveau collimateur et les panneaux d'armement sur la casquette du tableau de bord. Récupérer au moins une couronne de 9 cylindres de taille plus importante, la coller sur la pièce 7A et la détailler. Mastiquer la gravure du capot et des volets, ouvrir 3 mm en arrière l'emplacement correct (deux tranchées latérales de 12 x 3 mm séparées par un intervalle de 6 mm sur le dessus du capot et une tranchée inférieure de 20 x 3 mm) des 11 volets d'évacuation d'air chaud réalisés en carte plastique.

corsair F4U-7
F4U-7 Italeri No 048, 1/72e

Pour les possesseurs du kit Hi Tech, commencer par une opération de chirurgie lourde: nettoyer le logement de la roue arrière et l'habitacle pour pouvoir y insérer les pièces de résine (vérifier régulièrement la découpe en présentant les pièces susdites), détacher la portion de fuselage en avant de l'épaulement qui reçoit la pièce 11B (demi-aile inférieure), creuser l'emplacement des pipes d'échappe-ment latérales et inférieures. Fermer le fuselage en emprisonnant le loge-ment de la roue arrière. Nettoyées, leur diamètre réduit pour s'insérer dans le capot moteur, les deux pièces du moteur sont collées l'une sur l'autre en emprisonnant un disque de plastique de 1 mm d'épaisseur. Puis elles reçoivent 36 tiges de culbuteur (noires) et 36 fils d'allumage des bougies (gris clair) collées deux par deux sur chacun des cylindres peints en noir puis brossés d'alu terne alors que le carter est gris moyen. Les pipes d'échappement collées en arrière des cylindres frontaux ne seront finale-ment pas visibles. Le moteur est placé sur son support qui est collé sur le fuselage avant d'être coiffé par le capot. Tous les joints sont soigneusement mastiqués avant d'installer les volets de métal qui sont heureusement dotés d'ergots de fixation. Si les pièces d'échappement (peintes de couleur brun rouille) 25B conviennent pour les échancrures latérales, il faut en faire de nouvelles, plus longues, pour les échancrures inférieures. Une fois assemblée, la baignoire, peinte en vert Humbrol 151 ou Gunze 58 avec des panneaux d'instruments noir mat et des cadrans noir brillant, reçoit 4 manettes sur le côté gauche et une à droite. Les poignées sont épaissies de peinture rouge ou noire. Les palonniers photo découpés sont soigneusement pliés et collés sous le tableau de bord, pédale contre la paroi. Le manche à balai est celui de la maquette : soufflet de cuir à la base, manche vert avec un câble, poignée noire avec commande de tir des canons rouge. Le collimateur surmonté d'un petit rectangle de Rhodoïd est équipé d'un bourrelet pare-chocs. Le siège est refait en carte plastique de 1 mm d'épaisseur pour le fond et 0,3 mm pour le dossier. Ceintures blanc-beige en feuille de plomb. Le harnais de poitrine est passé dans un arceau métallique fixé sous l'appui tête de couleur cuir.

Une voilure tout baissé, des bidules, trucs et machins

Surtout ne pas se précipiter. Commencer par ouvrir au centre de la pièce 11B la trappe de sortie d'air des radiateurs d'huile et du compresseur et ne découper les volets qu'après avoir garni la voilure de renforts qui la maintiendront bien en place. Les logements de roue peuvent remplir ce rôle. Une fois le moulage proposé par ltaleri découpé avec une scie souple par l'intérieur de l'aile, garnir les demi ailes supérieures de bandelettes de plastique pour figurer les lisses du revêtement. Il n'est point besoin de figurer des nervures puisque leur emplacement correspond aux cloisons du logement. De quelques points de colle légers, assembler une première fois la voilure et sur le pourtour du logement installer des cloisons de plastique qui viennent buter sous l'aile supérieure; en finale, un badigeon de colle liquide gommera tous les interstices du montage. Ré-ouvrir la voilure, éliminer les fixations des pièces 12 et 13B, cloisonner les prises d'air et coller en oblique à la racine de chacune d'entre elles les trois lamelles qui canalisent l'air vers les radiateurs. Par précaution, une lamelle de plastique est collée en renfort à l'arrière de l'aile, avant de découper les volets. Les pièces de résine s'adaptent à merveille, il ne faut pas oublier les tringles des ailerons et les triangles qui occultent l'échancrure qui apparaît entre les volets situés de part et d'autre de la courbure de l'aile. Les charnières sont refaites. Le tube de Pitot à résisté à toutes les manipulations, on l'affinera à la fin. Sur les gouvernes ne pas oublier les guignols de commande des compensateurs (court à gauche, long à droite).

Coller les trappes de train et peindre le logement en bleu. Les fûts de train sont équipés d'un câble noir de liquide de frein et de compas d'amortisseur photodécoupés. J'ai préféré les biellettes Hi Tech reliées au vérin de relevage du train par une petite tige d'étiré noir. Ajouter 4 autres petites tiges, noires elles aussi alors que l'ensemble du train est blanc ou alu mat sali. Plutôt que de fragiliser la roulette arrière, j'ai renoncé aux pièces de photo découpe Hi Tech et ajouré les morceaux de plastique qui supportent la roulette et l'amortisseur. Deux barres relient la roulette à l'avant de son support et une à l'arrière ; ajouter encore un anneau, tous ces éléments fournis par le kit de super détail pouvant être réalisés en étiré. Peindre le tout en blanc ou alu sale sauf la crosse rayée de noir (bleu ?) et blanc. Les trappes sont collées bien horizontales. Pour un avion embarqué on pourrait aussi remplacer la roue qui représente une roue équipée d'un pneumatique par une pièce circulaire de plus petit diamètre pour figurer la roulette pleine utilisée à bord des porte-avions.

corsair F4U-7 Italeri No 048, 1/72e

Les canons de 20 mm sont refaits en tube et tige de plastique. À l'extérieur des canons on colle sur le bord d'attaque de l'aile une petite barrette de décrochage. Installer les pylônes lance-roquettes Hi Tech soigneusement dégrossis ou en découper (12 x 3 mm) puis profiler dans de la carte plastique de 1 mm d'épaisseur. Les pylônes de réservoir me paraissent plus long à refaire en plastique, Hi Tech soit loué ! Lors de la courte campagne de Suez, la cargaison des Corsair de la 15 F a varié en fonction des missions, à savoir: 2 bombes de 227 kg le 2 novembre et 2 de 450 kg avec bidon ventral les 1er et 3 novembre, 10 roquettes de 127 mm lors des deux derniers jours d'opération. 4 roquettes allongées d'un morceau de tube de 2 mm de diamètre ont été peintes d'un mélange de gris et d'aluminium; l'ogive est vert olive sauf la pointe argentée. Un câble de mise à feu relie l'arrière de la fusée à l'aile. Comme on le voit bien souvent sur les photos, seul un réservoir supplémentaire est accroché sous l'aile droite. Il a été doté à l'avant d'une tige recourbée; à l'arrière il est relié au pylône par une conduite et à l'aile par une une tige d'étiré. Le pylône de gauche est équipé des bras de support de charges (lamelles de plastique ou de photodécoupe de 6 mm cintrées et plots de fixation en étiré). La planche de photodécoupe fournit le marchepied et toutes les antennes nécessaires sauf les deux antennes-fouet ventrales en étiré.

Camouflage et finitions

Les Corsair français neufs sont entièrement peints en bleu brillant FS 15042 sauf le panneau anti-reflet noir ou bleu mat FS 35042. En vieillissant le bleu brillant devient mat, on ne distingue plus de panneau anti-reflet. La maquette a reçu une couche uniforme de bleu foncé brillant (Gunze 5 ou 55, Humbrol 181 ou 15, Testor 1717). Les bandes de Suez ont été peintes avant la pose des pylônes lance-roquettes. Une sous couche de blanc paraît nécessaire pour avoir un joli jaune. Chaque bande jaune ou noire fait 5 mm de large sur les ailes et le fuselage ; une première erreur d'appréciation m'a fait estimer la largeur du bandeau de fuselage à 18 mm: cela se voit quand on pose l'immatriculation de l'avion. Les décalques adhèrent bien sur la peinture brillante mais il faut repeindre le blanc des cocardes ou les poser sur un fond blanc sinon le camouflage transparaît. Le bleu des cocardes paraît foncé sur les photographies. Celui des décalcomanies peut convenir à moins que le centre des insignes nationaux ne laisse apparaître le bleu du camouflage. Les codes sont eux aussi repeints. La dérive a été peinte, le drapeau fournit par ltaleri ne couvrant pas totalement le gouvernail de résine. Ne pas oublier les ancres. Les pales d'hélice sont noires, leur extrémité jaune et la casserole du même bleu que les cocardes. Trouver des inscriptions jaune à placer entre le moyeu de l'hélice et l'insigne rouge.

F4U-7 Italeri No 048, 1/72e

On peut enfin poser la verrière. Le pare-brise vient du kit de super détail, la canopée, plus bombée, est détachée de la boîte Falcon n°1. Sur le montant avant de cette pièce, coller deux poignées d'étiré et trois rétroviseurs (plastique ou photodécoupe), le tout peint en argent. À l'avant des saumons, sur et sous les ailes, en arrière de la plus large antenne et sur la pointe arrière, déposer une gouttelette de la couleur appropriée puis la recouvrir d'une goutte de Kristal klear pour figurer les feux de navigation et de vol en formation. Les éraflures sont nombreuses, mais point trop n'en faut. La racine des ailes, largement piétinée est ternie. La traînée d'échap-pement suit la courbure de l'aile. Faire d'abord une large bande gris-bleu puis brunir la partie centrale. On peut mordre sur la cocarde de fuselage qui sur certains avions paraît avoir été nettoyée.

F4U-7 Italeri No 048, 1/72e
F4U-7 Italeri No 048, 1/72e

Conclusion

Cette maquette ne doit pas rester seule. On peut lui adjoindre un Avenger, un Hellcat, un Helldiver, un Seafire III ou 15, un Aquilon (premier jet embarqué sur un porte-avions français) tous commercialisés au 1/72ème ou faciles à obtenir par transformation d'une autre maquette. Kit d'amélioration dans l'ensemble déjà épuisé en magasins spécialisés mais quelquefois disponible en bourse d'échanges.

Vincent GRÉCIET

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